Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 17:33

Suite et fin de l'interview de Myriam Ramel, ou comment capter une beauté pure, subtile et transcendante...

 

©Myriam Ramel-www.lumieredujour.ch 

 

Votre site, www.lumieredujour.ch, met en lumière votre activité en un style épuré et lumineux justement. La notion de lumière reste une notion primaire et fonctionnelle essentielle alors? On revient à des fondamentaux?

©Myriam Ramel - www.lumieredujour.ch decoration16[1]Quand je l'ai appelé comme ça, il y a plus de 10 ans, ça me semblait une évidence. Dans la photo de presse, j'ai toujours privilégié la lumière du jour plutôt que le flash que je trouvais plus dur, plus artificiel. Il pardonne moins les choses, il est moins flatteur pour les personnages. La lumière du jour me correspondait plus. Plus les choses vont de l'avant, plus je me rends compte qu'inconsciemment, je fais des images toujours dans le même sens, même en utilisant de l'éclairage artificiel, j'aime la blancheur, la candeur, la luminosité, la transparence. La série Sacred World est très foncée et certaines fleurs de la nouvelle série aussi, mais ça reste léger quand même.

 

*Looking for beauty est actuellement en exposition. Quel retour recevez-vous du public, des gens comme "tout le monde", des passants, des néophytes en somme?

J'ai de la chance car j'ai toujours un bon ressenti parmi les visiteurs. Je pense que c'est une thématique qui est très universelle. Du coup, autant les hommes que les femmes, de toute nationalité confondue, sont interpellés par ces images. Il y a également une ouverture qui se crée sur l'Asie et ça me plaît parce qu'il y a une recherche dans le long terme qui va dans ce sens-là.

 

29 Magnolia 2109On touche à des choses très universelles, cette remise en question, cette quête de plénitude de soi, transgenres finalement?

C'est vrai. Les images de Looking for beauty sont par exemple signées d'une maxime de Lao Tseu, tirée du Tao Te King, signifiant "Magnifier le minime". Du coup, quand un Chinois vient m'acheter une image, il est toujours surpris de découvrir que cela fait du sens.

 

Vous et votre art en deux mots?

La passion et l'émotion.  Parce que l'émotion est toujours en moi et la passion parce que définitivement, je crois qu'elle ne me quittera pas et que toute ma vie j'aurai cette chance-là, de faire un métier que j'aime à ce point-là et qui m'accompagne, qui me donne une flamme en moi et qui me nourrit et m'enrichit.

 

Est-ce qu'il y a des moments où on perd cette flamme, où elle s'amenuise?

Parfois, quand je suis fatiguée. Physiquement, c'est un métier difficile, on porte beaucoup de matériel, on est des fois  dans des positions invraisemblables pour faire de meilleures images. Quand je fais des photos je m'oublie complètement, après on le paye forcément. Et il y des moments où physiquement je me dis "oh, qu'est-ce que j'aimerais faire un métier reposant", parce que la tête, autant que le corps qui est sollicité par ce métier, est toujours en action pour essayer d'être créatif et ça prend beaucoup d'énergie. Mais après ça reprend, dès qu'il y a une belle énergie, un beau film, une belle exposition, une musique magnifique, je suis de nouveau transportée, transcendée, j'ai envie de repartir dans mes images. Ce n'est jamais une obligation, c'est un métier où il faut se motiver soi-même, où il faut avoir la passion.

 

Avec votre "palmarès", est-ce qu'on se dit encore qu'on ne va pas être à la hauteur face à certains mandats?

Atelier Myriam Ramel[1]Toujours! (rires) J'ai eu la chance de rencontrer des grands photographes et ils avaient tous ce doute. Je trouve ça hyper touchant! Tant qu'on est un créatif, on a le doute. Ceux qui n'ont pas de doute, de ce que j'ai pu voir par ma petite expérience, ce ne sont pas les meilleurs. Les certitudes n'amènent pas forcément le génie et ce doute, même s'il est pesant, s'il peut faire souffrir, amène aussi beaucoup de créativité et de perfection. Ça amène du mieux. 

 

Est-ce que vous êtes amenée à vous confronter à des univers, des situations, des sujets, très éloignés du vôtre, à des choses qui vous remette aussi peut-être en question?

Si elles me plaisent, je suis d'accord de m'y confronter. Si elles ne me plaisent pas, je fais la fine bouche! (rires) Je m'octroye le bonheur d'aller dans des choses que j'aime, parce qu'on a très peu de temps sur cette planète, la vie passe très vite. 

 

C'est magnifique de pouvoir choisir avec qui travailler et sur quels sujets! C'est presque un luxe aujourd'hui!

Tout à fait! Je préfère faire ma passion et garder une ligne qui semble cohérente.

 

Mieux vaut rester dans l'essentiel finalement, dans le petit pétale qui va tomber du cerisier?

Exactement! J'ai cette chance que le travail artistique prend de l'ampleur. C'est une chance faramineuse d'avoir des gens qui aiment ces images, qui les achètent, et qu'elles aient autant de succès. 

 

A terme, vous souhaiteriez vivre que de votre art?

Image 1-copie-1J'aime la photo commerciale aussi parce qu'elle permet de rencontrer d'autres personnes, de travailler avec des stylistes, ce qui me plaît beaucoup. Il y a une relation et un apport qui est différent de quand vous êtes tout seul à faire vos images. Travailler sur des thématiques au sein des rédactions, c'est stimulant aussi. 

 

Est-ce que les gens sentent ce que vous voulez transmettre ou il y a-t-il de la frustration parfois?

Je crois qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. Les personnes dont j'ai le retour, ce sont des gens qui sont venus à moi parce qu'ils savent qui je suis et ce que je fais et du coup, je reçois beaucoup d'amour, de mots gentils d'encouragements. Je suis toujours étonnée des gens qui sont touchés, qui viennent me voir aux vernissages. J'ai de la chance que pour certaines personnes ça ait vraiment passé. Je ne ressens jamais de frustration, je ne reçois jamais d'ondes négatives des personnes autour de moi. Donc pas de regret!

 

Avec les fleurs, c'est emblématique. On a finalement qu'une fleur, qu'un pétale, qu'un zoom sur son centre, mais cela suffit pour susciter des émotions, éveiller des réactions.

C'est un cadeau de ma profession! On fait un travail mais on a une belle récompense, ce qui n'est pas le cas de tous les métiers.

 

Au fond alors qu'est-ce que le beau? Un temple en Thaïlande ou une fleur au bord du lac expriment des beautés différentes. @Myriam Ramel-www.lumieredujour.ch-decoration12Est-ce que c'est une question d'harmonie, de lumière, de ressenti finalement?

En fait le beau c'est très subjectif, très personnel. Après les gens viennent à vous parce qu'ils aiment vos images en particulier et parce que vous avez une résonnance du beau en eux mais il y a d'autres personnes chez qui ça ne résonnera pas forcément et qui ont leur propre esthétisme. Donc le beau, il est pour chacun différent. A vous de toucher certaines personnes. L'important, c'est d'être vrai avec soi-même.

 

Est-ce le beau évolue? Est-ce qu'il est victime du temps, des tendances?

Je pense qu'il faut trois vies pour arriver à faire le tour de ça mais oui tout à fait! (rires) Je renie presque ce que j'ai fait il y a 10 ans! C'est un parti des photographes, ils aiment toujours ce qu'ils viennent de réaliser. C'est souvent mon cas, toutes les choses que je viens de faire sont celles qui sont au fond de mes tripes et qui actuellement sont mes préoccupations du moment. Ce qui ne veut pas dire que les plus anciennes images ne vont plus parler aux gens. Au contraire, il y a des images qui vont rester vraiment à travers les années, ce sont celles qui sont très réussies, les autres vont petit à petit disparaître.

 

Le beau est en nous finalement, il évolue en fonction de ce qu'on vit?EastWest flyer

En fonction des rencontres, parce qu'il y a des gens qui vont vous influencer, des artistes qui vont vous influencer, des voyages qui vont vous marquer avec des couleurs, des lumières ou des découvertes littéraires par exemple, ou des cinéastes. Tout ça fait un tout complet qui vous donne votre colonne vertébrale, parce que vous vous inspirez plus d'un artiste que d'un autre, ou d'une lumière plus que d'une autre ou d'un pays. Moi j'ai un amour incommensurable pour l'Asie, donc ça marque mon travail forcément. Si j'étais fan d'Amérique du Sud, je pense que j'aurais une toute autre esthétique. Chaque branche va influencer une autre. Ce matin je regardais les travaux d'une styliste romande, je trouvais très beau ce qu'elle faisait, très japonisant et peut-être un jour ça va rebondir vers une autre image, une autre idée, etc. Je pense que tous ces arts, majeurs, mineurs, toutes ces belles choses convergent les unes vers les autres pour nous nourrir.

 

Dernière question, fondamentale: A quoi ressemblent vos photos de vacances?  

(Rires) Je fais des snapshots touristiques aussi quand je le veux mais je ne peux pas m'empêcher de les faire bien, de les retoucher. C'est difficile, même dans mes albums photos, de coller des images qui sont ratées!

 

 

Myriam Ramel

Route de Morges 4

1132 Lully-sur-Morges

0041 79 636  97 05

mr@lumieredujour.ch

www.lumieredujour.ch

 

 

* Clinique de la Prairie, Clarens-sur-Montreux, jusqu'au 30 juin 2010 (en prolongation jusqu'en septembre)

Par Beauty Full - Publié dans : Les faiseurs de beau
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 17:27

La rencontre avec Myriam Ramel ne peut se réduire à quelques questions extirpées ça et là d'une interview globale. Voici la suite d'un échange fort en émotions, paroles et images.

 

©Myriam Ramel-www.lumieredujour.ch

 

Le plus grand challenge?

On a créé il y 6 ans une société, Voir Voire +, avec une amie qui est rédactrice-photo. On est les deux passionnées de photographie, de voyage, et sur un coin de table on a chiché un jour sur une idée émise comme ça de créer une société qui ferait des voyages photographiques avec des photographes mondialement connus dans des pays qui nous feraient rêver. Cette société maintenant n'existe plus parce qu'on a décidé chacune de mettre notre énergie dans nos projets personnels, mais on a vécu deux très belles expériences. On a organisé un voyage à Zanzibar avec un Max Pam, un photographe australien, et un autre voyage au Rajasthan avec Sarah Moon, photographe de mode parisienne. On a fait ces voyages avec 15 participants à chaque fois, et ça a vraiment été un beau challenge.  

 

 Les voyages, ce sont des paysages, des rencontres étonnantes, des émotions. Que cherchez-vous à capter au travers de destinations exotiques comme Zanzibar et le Rajasthan? Au delà des voyages photographiques, quel est le but?

KAMAKURA IMoins de gens, je suis un peu sauvage! (rires) Je cherchais plus la paix intérieure à travers des paysages. Il y a de temps en temps l'incursion d'une personne dans la pénombre ou isolée. Sacred World  a comme thématique le monde sacré. Cette série en Noir&blanc a été faite en argentique, au Hasselblad, avec des films 12 poses, l'ancienne école de la photographie. Elle a été réalisée au Cambodge, en Thaïlande, au Mali et au Japon. C'était une série difficile physiquement parce qu'il fallait faire des heures de prises de vue, porter le matériel, supporter la chaleur des lieux ou alors la pluie. D'un autre côté, c'était de nouveau un moyen de se recueillir. Pour moi la photographie, c'est toujours une manière de capter mes impressions et d'arriver à les redire en poésie.

 

Quelle beauté voyez-vous dans ces lieux sacrés, au-delà des religions?

Une contemplation. J'aime la philosophie bouddhiste et chrétienne, j'ai des origines asiatiques donc c'était un retour aux sources aussi de ce côté-là. Ça faisait tout un sens d'être dans ces lieux de méditation. Je me sens très bien dans un temple au milieu de la nature sans personne. La photographie, c'est un moyen de transmettre cela aux autres.

 

Vous déclinez votre regard en trois lignes distinctes: Looking for beauty, Sacred World et des images de vos voyages. La beauté esthétique, le sacré plus intime et les voyages-expériences sont donc votre moteur. ROKUON-JIDe quelles émotions êtes-vous en quête et quelles émotions souhaitez-vous transmettre au public? 

La nouvelle série sur laquelle je travaille, avec une ouverture d'atelier le 21 novembre, s'appellera "Méditation". Tout tourne autour de cela. La beauté et la paix, la tranquillité et la sérénité. La vie n'est pas toujours facile, donc si on peut s'offrir des moments de pause, de zen, ça fait du bien et c'est déjà pas mal. Dans la nouvelle série, il y aura aussi des fleurs mais également des femmes, avec une forte consonance asiatique et l'introduction d'haïkus, courts poèmes japonais, et de calligraphie. Les images tendent vers des estampes japonaises du XVIIIe, plus picturales, moins photographiques.

 

En savoir plus sur ces séries photographiques via trois articles dédiés, sublimes : Textes d'inspiration Textes d'inspiration

 

Peinture, photo, finalement l'art sous toutes ses formes s'exprime?

J'aime beaucoup la peinture. Des artistes comme Matisse, Klimt, Hiroshige, Hokusaï, Fabienne Verdier ou la Renaissance italienne m'inspirent. Il y a de toute façon une corrélation avec mon travail.

 

Avec Looking for beauty, vous cherchez à capter une beauté éphémère par des fleurs destinées à faner, à mourir. Quelle est votre conception de la beauté? Est-elle forcément ephémère?

Cerisiers 0773 ©Myriam Ramel www.lumieredujour.chLa beauté éphémère me fascine. Tout a commencé quand on m'offrait des fleurs et qu'elles mouraient. Je voyais toute cette beauté tomber au bout de deux jours et ça me désolait. Je me suis donc mise à les immortaliser pour en conserver une trace. L'éphémère c'est très beau parce qu'il nous apprend à profiter de l'instant présent. Je me souviens d'une fois où je voulais faire une photo d'une branche de cerisier sublime, je rentrais du Japon, c'était magnifique, avec la lumière du jour qui resplendissait, le cerisier sentait le miel, j'écoutais la  Callas, je voulais incurver un pétale pour qu'il tienne dans ma composition et là il est tombé! Une belle leçon...!, il faut prendre la chose que la nature nous donne à ce moment-là, si on le rate, c'est fini. Si on veut forcer la main, ça ne marche pas. La magie disparaît. On en revient à la philosophie bouddhiste. C'est un bel exercice mental que de se concentrer sur l'ici et le maintenant. 

 

Qu'est-ce qui capte votre attention? Qu'est-ce qui vous fait déguéner votre appareil? Tout est-il question d'instinct ou tout est réflexion en amont?  

C'est rarement à l'instinct, parce que je ne porte jamais mon appareil sur moi, contrairement à certains photographes qui vont l'avoir en bandoulière façon reporter (rires!), ce n'est pas du tout mon cas. Déjà, parce que c'est contraignant, lourd, et j'aime réfléchir à pourquoi je le fais. Accumuler des images pour accumuler des images, ça ne m'intéresse pas. Parce que je peux sortir et faire des belles images, c'est facile. Par contre, à quoi est-ce qu'elles servent? Pourquoi? Est-ce que ça va me faire des milliers d'images sur une banque de données? Ça je ne le fais pas. Il va toujours y avoir une réflexion. Est-ce que c'est un travail personnel ou commercial? Est-ce qu'il y un sens? J'ai peur de l'accumulation, la qualité doit être là, sinon ça vous dessert. Donc même si je vais partir en voyage avec mon appareil, je vais réfléchir auparavant à ce que je vais faire avec ces images, quelle ligne je vais prendre.

 

 

Myriam Ramel

Route de Morges 4

1132 Lully-sur-Morges

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mr@lumieredujour.ch

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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 17:14

Selon le *dictionnaire, la photographie se définit comme: action, manière, art de fixer, par l'action de la lumière, l'image des objets sur une surface sensible.

 

Mais la photographie est bien plus! Véritable projecteur sur les réalités du monde, capteur de l'éphémère et pérennisateur de l'instant. Un art, sensible, délicat, pluriel... A l'ère du numérique à portée de tous, l'objectif inexpugnable du photographe rend des émotions bouleversantes, provoque des réactions épidermiques et involontaires, réveille des souvenirs anciens.

 

Zoom sur une photographe, une artiste, une faiseuse de beau, qui en ouvrant son atelier, offre un échange exceptionnel, Myriam Ramel.

 

©Myriam Ramel-www.lumieredujour.ch

 

Plus que d'autres, vous rentrez parfaitement dans la définition du dictionnaire et de la mienne, mais quelle est votre définition de la photographie? Un métier, un art?

C'est une passion, c'est quelque chose qui vous choisit plus que vous ne le choisissez. Depuis petite, je savais que je voulais faire un métier artistique, j'ai toujours eu une prédisposition pour la photographie où j'étais à l'aise avec le 2 dimensions. On sait que ce ne sera pas un métier évident, tranquille, dans la vie, donc on le prend parce qu'on a envie de se battre pour ce métier et parce qu'on a envie de se faire plaisir.

 

Comment est née cette passion? Est-ce qu'elle est là depuis toujours ou s'est-elle révélée par après?

Ma mère faisait de la photographie, elle m'a fait poser quand j'étais petite, j'ai été au laboratoire noir et blanc avec elle, donc j'ai vu les bains photographiques de l'époque dans la lumière rouge du labo. Puis à l'école, j'ai pris des cours de photographie et dès l'âge de 16 ans j'ai su que je voulais faire une école d'art et plus tard un métier artistique. Donc après ma maturité, j'ai fait l'Ecole de photographie de Vevey.

 

 Vous êtes vous-même une artiste reconnue, avec plusieurs prix et expositions à votre actif. Est-il difficile de se profiler comme professionnelle de la photographie et non pas comme artiste?©Myriam Ramel-www.lumieredujour.ch-hotels2452

C'est difficile de se dire artiste, de s'autoproclamer artiste! C'est vraiment une vision que les autres ont de votre travail. Moi je n'ai pas cette prétention mais de l'autre côté j'ai commencé par faire du travail commercial, avec des photos de presse. J'ai par ailleurs ma carte de presse, j'ai toujours travaillé dans ce milieu pour des parutions suisses et européennes. Petit à petit, il s'est profilé que je faisais un travail en parallèle sans vraiment rechercher à exposer. J'ai longtemps gardé ce travail pour moi parce que j'avais peur qu'il ne soit pas abouti. Petit à petit, on m'a poussé à le montrer et ma première expo a eu beaucoup de succès. Du coup tout s'est enchaîné, il y a eu d'autres propositions, d'autres expositions. Maintenant, pour les clients, je pense que ce côté artistique est un plus pour eux. J'ai beaucoup de clients qui viennent à moi parce qu'ils ont vu mon travail personnel et qui maintenant me demandent un travail en corrélation, commercial mais toujours avec la patte artistique, parce que finalement ces deux univers se rejoignent. Je tends d'ailleurs de plus en plus à diriger mes mandats vers de la décoration, des ambiances, natures mortes, de beaux portraits travaillés, afin de me faire vraiment plaisir dans mon travail commercial.

 

Est-il difficile de se tenir aux cadres fixés par vos clients, de respecter leurs attentes, ou sont-ils prêts à voir les choses à travers votre objectif, en se mettant parfois en question?

©Myriam Ramel-www.lumieredujour.ch- BeautyÇa va! J'ai de la chance d'avoir des clients qui ont du goût (rires), avec lesquels je peux vraiment discuter pour donner mon point de vue et pour quand ils en ont besoin, instiller ma patte. Je crois que les gens font appel à un photographe plutôt qu'à un autre parce qu'ils choisissent un photographe avec ce regard-là. On ne va pas venir vers moi pour une photographie faite à la chambre hyper technique, hyper masculine, retouchée à mort et très graphique. Moi je sais faire du graphique mais je vais le faire avec toute ma féminité, avec une touche de légèreté, avec beaucoup de blancheur. Le client va me choisir en fonction de ça et si je sens que le mandat n'est pas dans mes cordes, je vais rediriger le client vers quelqu'un d'autre.

 

Vous exercez un métier magnifique, vous avez fait de votre passion votre métier. Est-ce qu'on s'y perd parfois?

Pour moi, la vie privée et la vie professionnelle sont totalement entremêlées. Mon compagnon adore la photographie, c'est quelqu'un avec qui je parle énormément de ça et qui m'aide dans ma profession. Il partage ma passion et c'est fondamental pour moi! J'adore aller voir des expos, me plonger dans de beaux livres d'art, me nourrir visuellement et, pour ça, c'est indispensable d'être nourri par la beauté, même pendant les loisirs.

 

Vous avez réalisé de nombreuses publications pour une presse suisse et internationale. Quel est votre plus beau souvenir?

Je ne dirais pas ©Myriam Ramel-www.lumieredujour.ch- Beauty6qu'il y en a qu'un seul. J'ai longtemps travaillé pour Femina à temps partiel, et j'étais indépendante à côté, grâce à cela j'ai fait de très belles rencontres humaines. Être photographe pour la presse permet d'entrer dans des univers où les gens ne peuvent pas forcément entrer. Je me suis retrouvée dans des endroits aussi divers qu'un couvent ou qu'une prison, qu'en pleine nature avec une bergère et ses chèvres au fin fond d'une montagne. J'ai découvert des gens fragiles, des gens qui avaient vécu des choses magnifiques et tout d'un coup ça vous ouvre une part d'humanité que vous n'auriez pas pu connaître si vous n'aviez pas été photographe à ce moment-là. J'ai été en face d'une personne schizophrène ou en face d'un artiste que j'admirais. J'ai été dans la maison de Nicolas Bouvier, par exemple, discuter et boire le thé avec sa femme, qui m'a parlé de lui. Voilà, ce genre de rencontres-là, c'est des cadeaux de la vie et qui sont grâce à la photographie.

 

On rentre un peu dans l'intimité des gens en fait?

Complètement! On entre dans leur intérieur. Pour la photographie, ils doivent se dénuder. Pour que la photo soit réussie, j'ai besoin de leur confiance, qu'un dialogue s'ouvre et après ils me donnent quelque chose, souvent il y a une vulnérabilité qui transparaît qui est très belle. Et puis j'ai la chance d'être une femme, donc ça crée un lien supplémentaire et ça c'est juste un cadeau. 

 

Derrière il se passe toujours des choses, plus à un niveau humain qu'esthétique donc?

Tout à fait! Il est vrai que maintenant je fais moins ce genre de portraits, je fais plus de beauté, décoration, nourriture, mises en scène, fleurs, etc. Là c'est encore autre chose, c'est plus paisible, c'est un domaine qui me ressemble, et j'aime travailler avec des stylistes, décoratrices, avec lesquels on forme une équipe.

 

Le fait de se diriger vers des sujets "inanimés" plutôt qu'humains, est-ce que c'est venu par choix ou par une évidence?

29 Magnolia 2109L'humain c'est magnifique mais ça prend beaucoup d'énergie parce que vous êtes face à une personne et, pendant une heure ou une demi-heure que la personne vous donne, vous devez sortir l'image qu'il faut absolument faire paraître. Cela met  une pression, et puis aves les années, j'avais envie de retrouver plus de sérénité, moins de stress, et de me retrouver face à moi-même, à avoir le temps de tourner autour de l'objet et de trouver la solution la plus esthétique La recherche de la beauté a toujours été une préoccupation pour moi. J'ai retrouvé d'ailleurs une phrase de Keats,  un poète anglais du XIXe, j'avais été dans sa maison adolescente, et sur le pas de sa porte c'est écrit "A thing of beauty is a joy forever". Cette phrase, que j'avais notée à l'époque, me parle complètement. C'est quelque chose pour moi de primordial. Les portraits de presse sont souvent dans des lieux plus difficiles, avec une lumière aléatoire, la personne n'est pas à son aise ou elle vous donne peu. On est plus dans le témoignage et moi je ne me sens pas reporter, je me sens plus dans une description de la beauté où je me fais vraiment plaisir.

 

Est-ce qu'il n'y a pas parfois un trop plein d'émotions, de psychanalyse aussi, parce qu''il y a finalement toujours un miroir face à soi?

Tout à fait! (rires) Je suis quelqu'un d'émotif. Du coup, forcément, c'est parfois difficile à gérer. Maintenant, ça m'apporte aussi beaucoup de positif dans mon métier! 

 

 

Myriam Ramel

Route de Morges 4

1132 Lully-sur-Morges

0041 79 636  97 05

mr@lumieredujour.ch

www.lumieredujour.ch

 

 

* Le petit Larousse illustré, 2009

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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 16:56

Eloge d'un des plus beaux plaisirs de la vie: le massage intégral, de la pointe des cheveux au bout de chacun des 10 orteils... l'extase!

 

Relaxation 

Chaque capteur de peau est stimulé, touché, manipulé... ! Rien de louche, on s'entend! Ma masseuse est une femme respectable, et moi aussi! Cette faiseuse de bien marque un des plus beaux moments de la vie. C'en est trop? Peut-être mais sérieux, je milite en faveur des massages! L'espace d'une heure, on se dédie exclusivement et entièrement à son corps, on s'accorde une parenthèse dans la frénésie du quotidien, le boulot, les courses, le ménage... On se réapproprie aussi son corps, on prend conscience de son contour, de sa forme, de son existence. On a souvent tendance à l'oublier, voire à le malmener, mais c'est l'occasion de se souvenir qu'il est bien d'en prendre soin, de le chôyer, de lui vouloir du bien. Il saura nous le rendre.

 

Si le corps en ressort requinqué, le moral suit à son tour. Par contre, impossible de mettre le cerveau sur off! J'enrage! J'essaye de me concentrer sur les sensations procurées mais la liste de courses défile inexorablement dans mon esprit! Les tâches en suspens au travail, les coups de fil à passer, les dossiers à traiter, ... l'enfer au paradis! J'aimerais que ça ne s'arrête plus, je voudrais lui demander d'appuyer encore sur ce point douloureux qu'on a entre les omoplates, j'appréhende la fin mais, au final, un massage c'est la garantie d'huiles et de nerfs à fleur de peau!

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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 18:20

Ah la Croisette.... Cette quinzaine suspendue dans le temps, où l'espace de quelques jours tout pourrait arriver autour du monde sans jamais venir troubler Le Festival de Cannes, pas même la grisaille ni les températures automnales! 

 

Ce n'est pas tant pour les films, qui passent parfois en second rang, que pour le magnifique parterre de stars qui tous le jours foulent le tapis rouge d'un des Festivals les plus glamours de tous les temps. Car après tout, à chaque fois, la magie opère, la fascination autour de l'événement reste intact, de nouvelles personnalités font leur apparition comme de plus confirmées, la curiosité s'aiguise et les yeux ne demandent qu'à se remplir d'images atemporelles et exceptionnelles.

 

Entre leçons d'élégance, de style, de classe, et défilés des égéries des plus grandes maisons et de grandes légendes du cinéma, il est impossible de rester indifférents face à tant de beauté. Chaque édition livre aux amateurs de beau un condensé unique d'émotions et offre un pont vers ce monde à part qu'est ce Festival.  Yes we Cannes!

 

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